Pierre Emerald : Qui suis-je ?

Pierre Emerald : Qui suis-je ? 


Aussi loin que je me souvienne, j'ai toujours eu l'impression de ne pas être à la bonne place et que j'aspirais à autre chose, à un autre lieu…

J'ai dû découvrir le Japon un peu comme tout le monde, par les animés à la télé, ou le judo. En m'y penchant d'un peu plus prêt durant le collège et bien plus encore durant les années lycée, j'avais la certitude qu'il me fallait apprendre la langue pour pouvoir découvrir et comprendre en profondeur la culture japonaise.

J'étais un peu l'ovni du lycée, à écrire en japonais pendant que le prof racontait son cours. Autour de moi, on pensait que je passerais à autre chose très vite, et que ce n'était qu'une passe…

J'ai d'abord tenté de faire une année au lycée au Japon. Mes parents, même s'ils n'étaient pas pauvres, n'avaient ni les moyens, ni l'envie que j'aille partir dans un pays si étrange et lointain pour eux.

Par la suite, j'ai voulu entrer en première année de fac de japonais, mais là encore, mes parents étaient contre… Mes proches me disaient que je n'étais pas bon en langues de base, que j'avais déjà du mal à parler correctement ma propre langue… Alors apprendre le japonais…

J'ai alors décidé de faire un compromis, d'aller étudier l'Histoire et la Géographie à l'Université du Havre, tout en prenant des cours de japonais. En effet, l'Université du Havre délivrait (et délivre toujours encore) des cours du soir en japonais.

Je n'avais pas trop le temps, ni la motivation d'aller à ces fameux cours du soir. Je n'ai d'ailleurs jamais eu le diplôme délivré en fin de cycle, de 3 années de cours du soir. Les cours étaient tellement ennuyeux et scolaires, que j'ai très vite compris qu'il allait me falloir apprendre seul. Même si quelques cours m'ont quand même marqué, surtout ceux de M. TERADA ou Mme SAITO qui étaient moins scolaires, et bien plus funs, s'ils lisent ces lignes un jour, j'espère qu'ils se reconnaîtront.

Malgré ces cours du soir, et une certaine motivation, arrivé en 3ème année de fac, je n'avais qu'un niveau médiocre… Proche du JLPT N4, après avoir pourtant étudié pendant plus de 4 ans. Je n'étais pas fait pour les langues, et ça se confirmait.

Mais ma passion pour le Japon était toujours présente, malgré une stagnation plutôt consternante en japonais. J'ai alors eu la chance d'aller étudier 1 mois à Osaka avec l'Université du Havre. Durant ce mois passé à étudier le japonais et visiter la région du Kansai, un déclic s'est produit. En 1 mois, j'ai réussi à parler tout à fait convenablement, et j'ai réussi à mettre en œuvre quelques méthodes de travail qui ne m'ont plus quitté depuis.

C'est en voyant d'autres polyglottes à Osaka que j'ai compris. La plupart n'avaient pas utilisé la méthode scolaire, le bachotage ou des méthodes de langues. Mais ils regardaient la télévision, écoutaient la radio… Certains utilisaient des outils de mémorisation, d'autres pouvaient écouter des podcasts des heures durant…

J'ai alors compris qu'une autre méthode existait…

J'ai alors commencé à écouter en masse du japonais et à apprendre les kanji, (caractères issus du chinois, il en existe plus de 2000 officiels), par une méthode que l'on m'avait conseillé à Osaka, la méthode « Kanji in Context », tout en utilisant des logiciels de mémorisation espacée comme Anki.

Je compris après plusieurs mois qu'il était en fait tout à fait possible d'apprendre le japonais, et surtout de l'apprendre rapidement. Après deux années, j'avais un niveau en japonais qui me permettait de m'exprimer tout à fait couramment, et surtout de lire et voir mes mangas et animés préférés sans aucune gêne… Ce pourquoi j'avais commencé au tout départ à apprendre le japonais !

Après mon retour en France durant mon master de géographie, j'étais l'Alien qui notait ses cours en japonais, et qui faisait son mémoire avec des sources entièrement en japonais…

Tout d'un coup, pour mon entourage, j'avais le « don des langues ». Ce n'était pourtant pas mon ADN qui avait changé, mais bien mes méthodes d'apprentissage… Je n'avais pas utilisé les vieilles méthodes de recopiage sans fin de caractères, ou d'écoute de CD de conversation soporifiques. J'avais simplement utilisé quelques techniques innovantes, couplées à une bonne dose de motivation !

Et c'est pourquoi j'écris ce blog aujourd'hui… Pour que tu ne galères pas comme moi pendant plusieurs années avant de trouver la bonne méthode, celle qui marche pour toi !


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